Centre Georges Chevrier
UMR 7366 - CNRS-uB
Sociétés et sensibilités
Nom de la revue

Population et handicap
Étude de trois situations de vulnérabilité chez les personnes âgées de 55 à 85 ans en France
Christophe Léon, Stéphanie Pin et Enguerrand Du Roscoät
Résumé | Mots-clés | Sommaire | Texte | Auteur | Annexes | Notes | Bibliographie | Références
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RÉSUMÉ

L’objectif de cet article est d’identifier le profil de personnes âgées de 55 à 85 ans vulnérables et les facteurs de vulnérabilités associés. À partir des données du Baromètre santé 2010, trois situations de vulnérabilité ont ainsi été définies : l’absence de lien social récent, la faiblesse des revenus du foyer et la forte limitation fonctionnelle dans les activités de la vie quotidienne.

Plus d’une personne âgée de 55-85 ans sur dix est vulnérable du fait de l’absence de lien social récent ou d’une limitation fonctionnelle forte, et un quart financièrement. Des inégalités sociales existent et les vulnérabilités sont associées à des comportements de santé moins favorables. Ainsi, l’absence de lien social concerne davantage les hommes, les fumeurs réguliers et les personnes ayant des troubles psychiques. Les faibles revenus du foyer concernent davantage les moins diplômés et s’accentuent avec l’avancée en âge. La forte limitation fonctionnelle est plus probable en cas de revenus peu élevés et quand les personnes vivent seules, elle est associée également à des habitudes de vie défavorables à la santé et à des troubles psychiques. Enfin, le cumul de ces situations de vulnérabilité est amplifié par de mauvaises habitudes de vie, de la détresse psychologique, des pensées suicidaires et un moindre accès aux soins.

Cet article souligne, dans une approche de promotion de la santé, qu’il est utile de cibler les personnes âgées vulnérables, en adoptant une perspective large de la vulnérabilité ne se limitant pas aux seules dimensions physiques des personnes.

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Mots-clés : vulnérabilités ; personnes âgées ; facteurs de vulnérabilité
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SOMMAIRE

I. Exploration de la vulnérabilité sociale, économique et de santé
II. L’absence de lien social récent comme indicateur d’une vulnérabilité sociale
III. La faiblesse des revenus du foyer comme indicateur d’une vulnérabilité économique
IV. La forte limitation fonctionnelle dans les activités comme indicateur d’une vulnérabilité de santé
V. Cumul des situations de vulnérabilités et états de santé fragiles
VI. Conclusion et perspectives

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Dans une perspective de santé publique, les personnes âgées apparaissent comme une population prioritaire en raison d’une prévalence accrue avec l’âge des maladies chroniques, des limitations fonctionnelles et des accidents de santé fortement invalidants, comme les chutes ou les fractures, d’une consommation plus importante de soins de santé (consultations médicales, hospitalisations) et d’un risque plus élevé d’isolement, d’institutionnalisation et de décès (Fried, 2000).

Plusieurs plans internationaux et nationaux ont d’ailleurs ciblé cette population soit en identifiant une pathologie spécifique comme la maladie d’Alzheimer [1] ou, très récemment, des maladies neuro-dégénératives [2], ou un événement de santé comme les chutes, soit en identifiant des processus de dégradation de l’état de santé ou de l’autonomie (comme les effets indésirables provoqués par les médicaments ou la dépendance). D’autres plans adoptaient une perspective plus large et plus positive du vieillissement visant le « bien vieillir » ou le « vieillissement en santé » des populations dans leur ensemble [3].

Usité dans de nombreuses disciplines (sciences environnementales, économie, épidémiologie, sociologie, psychologie notamment), le terme de vulnérabilité doit être utilisé avec précaution, car cette notion ne renvoie pas toujours aux mêmes contenus et n’est pas opérationnalisée de la même manière selon les cas (Alwang et al., 2001 ; Spini et al., 2013). Cependant, un certain consensus se dégage de la vaste littérature existante au sujet du concept de vulnérabilité. D’abord, son caractère probabiliste : la vulnérabilité ne se caractérise pas précisément comme un état mais comme le risque de connaître un état, ou de vivre un événement. Ensuite, son caractère négatif et les conséquences de la vulnérabilité en termes de dépression, de diminution du bien-être, voire de décès. La recherche des facteurs structurels et contextuels (sociodémographiques, socio-économiques, lieu de résidence, disponibilité des politiques publiques et des services, etc.) déterminent, dans la littérature, le niveau de vulnérabilité d’un groupe d’individus ; et certains écrits soulignent les capacités des individus à modifier leur niveau de vulnérabilité ou à s’adapter aux états négatifs quand ils surviennent.

Les modèles existants de la vulnérabilité insistent sur les effets d’interactions existants entre les multiples facettes de ce concept : par exemple, le degré de vulnérabilité au développement d’incapacités fonctionnelles des personnes âgées dépend, non seulement de leur état de santé mais aussi des caractéristiques de leur lieu de vie et également de facteurs sociodémographiques (sexe, âge, présence d’un soutien familial et/ou social). Il existe ainsi des mécanismes connus d’accumulation de désavantages sanitaires, sociaux et économiques qui accroissent les inégalités entre populations (Dannefer, 1988, 2003 ; Ferraro et al., 2003, 2009, 2011).

I. Exploration de la vulnérabilité sociale, économique et de santé

À partir des données de l’enquête Baromètre santé 2010 (encadré 1), portant sur un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 à 85 ans, trois situations de vulnérabilité chez les personnes âgées de 55 à 85 ans sont analysées : l’absence de lien social récent, la faiblesse des revenus du foyer et la présence d’une forte limitation fonctionnelle dans les activités du quotidien.

Le choix de commencer notre analyse à 55 ans s’explique notamment par l’événement du passage à la retraite, étape clé de l’avancée en âge. Des marqueurs de vulnérabilité peuvent apparaître, à tout moment du processus de vieillissement, comme le veuvage ou le développement de maladies chroniques invalidantes. Ces événements nécessitent, pour les personnes qui les vivent, de s’adapter au changement. Pour être appréhendée dans sa diversité, cette période de vie, constituée de ses diverses séquences, implique donc d’obtenir un grand nombre d’informations sur les attitudes, comportements et modes de vie des individus (Léon et al., 2014). Elle exige également d’envisager plusieurs sphères ou dimensions du processus de vieillissement, lequel peut engendrer non seulement une dépendance fonctionnelle ou des incapacités, mais également se traduire par un risque accru d’isolement social ou de pauvreté.

Les trois indicateurs retenus résument des situations de vulnérabilités identifiées dans la littérature gérontologique.

II. L’absence de lien social récent comme indicateur d’une vulnérabilité sociale

L’absence de lien social apparaît certes assez rarement comme une situation de vulnérabilité en tant que telle même si de nombreux travaux soulèvent l’influence de la dimension sociale sur la santé physique, mentale et fonctionnelle avec l’avancée en âge (Sirven et al., 2008, 2012 ; Carstensen, 1995 ; Pin et al., 2002 ; Saïas et al., 2012).

L’absence de lien social récent se caractérise, dans l’étude, par le fait de ne pas avoir du tout eu d’activités de groupe ou de loisirs (réunions, activités religieuses, associations, cinéma, sport, soirées) et ne pas avoir du tout de contacts avec la famille ou les amis (conversations téléphoniques ou visites) au cours des huit derniers jours précédant l’enquête.

Dans l’enquête du Baromètre santé 2010, 11,5 % des personnes âgées de 55 à 85 ans n’ont pas rencontré de membres de leur famille ou d’amis, ni pratiqué d’activités de groupe ou de loisirs au cours des huit jours précédent l’enquête ; ce pourcentage est supérieur à celui des 15-54 ans (8,4 % ; p < 0,001). L’absence de lien social récent augmente avec l’avancée en âge pour atteindre 13,4 % de personnes concernées entre 75 et 85 ans (p < 0,001) (Figure 1). Tous âges confondus, cet indicateur d’absence de lien social concerne plus souvent les hommes, davantage les actifs occupés que les retraités ou les autres inactifs et est multiplié par plus de deux chez les personnes ayant un niveau de diplôme inférieur au bac (Tableau 1).

Figure 1. Répartition (%) des personnes âgées de 15 à 85 ans selon la situation de vulnérabilité et par groupe d’âge
Lecture : chez les personnes âgées de 15 à 24 ans, 4,5 % se caractérisent par une absence de lien social récent. Cette part est près de trois fois supérieure (15 %) chez les personnes âgées de 75 à 85 ans
Champ : personnes âgées de 15 à 85 ans à domicile. France métropolitaine
Source : INPES, Baromètre santé 2010

La vulnérabilité à l’isolement social telle que nous l’avons définie interroge sur les solutions collectives mises en place pour les personnes âgées. Certaines interventions de promotion de la santé validées visent ainsi la prévention de l’isolement social et de la solitude, notamment via des groupes de discussion (Cattan et al., 2005). Nos résultats montrent toutefois que les hommes, les personnes toujours en activité ainsi que celles ayant un niveau de diplôme inférieur au Bac sont plus enclines à l’isolement social, ce qui limite la portée de ces bonnes pratiques qui ciblent des personnes retraitées ou très âgées, le plus souvent après un événement traumatisant comme le veuvage (Cattan et al., 2005 ; Raymond et al., 2008). Alors que des enquêtes longitudinales ont montré une tendance à la hausse de la participation sociale après la retraite (Sirven et al., 2008, 2012), la question de l’articulation entre la vie professionnelle et les activités de loisirs chez les seniors est rarement abordée et nécessiterait ainsi des approfondissements sur les formes d’isolement social chez les personnes âgées.

Si les formes de la participation sociale évoluent au long du parcours de vie, l’accès aux ressources sociales apparaît toutefois socialement déterminé et lié au niveau d’éducation (Huang et al., 2009 ; Andrew, 2005) : l’investissement dans des activités bénévoles ou de loisirs est d’autant plus important quand il s’inscrit dans une histoire antérieure de bénévolat ou d’engagement social. Certains programmes de promotion de la santé s’appuient sur ce type de résultats pour renforcer ou développer les compétences sociales des personnes âgées, en particulier quand elles font face à la perte d’autonomie d’un proche et doivent gérer, parfois de façon isolée, sur une longue durée, l’accompagnement de leur conjoint ou de leur parent (Ducharme et al., 2011). Une autre perspective envisage plus largement l’effet des environnements physiques et sociaux sur la participation à des activités sociales et s’efforce, par des interventions plus structurelles, notamment sur le cadre de vie des personnes âgées, à atténuer les inégalités socio-économiques sur cette dimension (Andrew, 2005 ; Richard et al., 2009).

III. La faiblesse des revenus du foyer comme indicateur d’une vulnérabilité économique

Malgré l’instauration des systèmes de protection sociale, l’état de santé reste encore fortement déterminé par le statut socio-économique, qu’il soit mesuré par le niveau d’éducation, la catégorie socio-professionnelle ou le niveau de revenus. Plus la situation socio-économique des personnes est défavorisée, et plus elles présentent le risque de connaître un mauvais état de santé, des pathologies chroniques ou des incapacités (Marmot, 2010 ; Lang et al., 2009). Les processus par lesquels le niveau socio-économique influence la santé sont multiples et cumulatifs (Lang et al., 2009) : ainsi, de faibles revenus non seulement contraignent les personnes à renoncer à certains soins coûteux, peu ou pas remboursés par l’assurance maladie, mais ils agissent aussi sur des déterminants de la santé, comme le logement ou l’alimentation par exemple. Si quelques études montrent que ces inégalités sociales tendent à être moins fortes chez les personnes les plus âgées en comparaison aux cohortes les plus jeunes, le gradient socio-économique en matière de santé subsiste néanmoins durant la vieillesse et se traduit notamment par des taux d’incapacité d’autant plus élevés que les revenus sont faibles (Pavalko et al., 2013 ; Benzeval et al., 2011).

La faiblesse des revenus du foyer est définie, pour les besoins de l’étude, en fonction des ressources financières du foyer déclarées, selon le principe des unités de consommation [4] (UC). Afin d’assurer son homogénéité, la distribution de cette variable a été découpée en terciles, les faibles revenus du foyer correspondant ainsi au premier tiers de l’ensemble des valeurs de la distribution.

Ainsi, dans le Baromètre santé 2010, 28,8 % des personnes âgées de 55 à 85 ans déclarent des revenus du foyer par UC inférieurs à 1 100 euros (premier tercile) ; cette part s’accroît nettement avec l’avancée en âge à partir de 55 ans (p < 0,001) (Figure 1).

Les femmes, les inactifs autres que les retraités ainsi que les habitants des zones rurales sont les plus touchés par les faibles revenus de leur foyer. Enfin, le fait d’avoir un diplôme inférieur au bac multiplie par six le risque de vivre dans un foyer avec de faibles revenus (Tableau 1).

Des inégalités sociales existent également concernant les ressources financières des personnes âgées et contraignent notamment leurs possibilités d’accès aux soins. La mortalité différentielle selon la catégorie socioprofessionnelle l’illustre bien ; malgré la mortalité prématurée des ouvriers comparativement aux cadres supérieurs et malgré la multiplication des mesures préventives ou compensatrices, des inégalités persistent avec l’avancée en âge et, selon certaines données, ont tendance à s’accroître (Chauvin et al., 2007 ; Cambois et al., 2008). Les plus vulnérables d’un point de vue économique sont les femmes, les personnes les plus âgées et les moins diplômées. Le cumul de désavantages est, sur cette dimension, évident et traduit les inégalités de formation, d’emploi, de type d’emploi (temps partiel ou plein temps) et de salaire entre les hommes et les femmes ; celles-ci se caractérisent en effet par des trajectoires professionnelles entrecoupées de périodes d’inactivité, de temps consacré pour l’éducation des enfants ou l’accompagnement de parents âgés, ou d’emplois à temps partiel (Maruani, 2011). Bénéficiant d’une espérance de vie plus élevée que les hommes, elles sont également dans les groupes d’âges les plus élevés et plus fréquemment veuves. Les modifications des structures familiales actuelles, avec l’augmentation du taux de divorce et la situation économiquement défavorable des familles monoparentales devraient encore péjorer la situation des femmes vieillissantes dans notre société (Duhamel et al., 2013). De plus en plus d’initiatives ciblent les femmes, en particulier les femmes aidantes et les veuves, afin de faciliter leur accès au système de santé, aux accompagnements et aux aides disponibles ou de réduire les risques, accrus dans cette population, de mal logement ou d’entrée en institution médicalisée (Fadoq, 2007 ; Ducharme et al., 2011 ; Cattan et al., 2005). 

IV. La forte limitation fonctionnelle dans les activités comme indicateur d’une vulnérabilité de santé

La limitation fonctionnelle, indicateur classique dans les études européennes sur la vieillesse et le vieillissement permet de mesurer les répercussions de maladies chroniques, de polypathologies ou de déficiences physiques, sensorielles, cognitives sur la réalisation d’activités de la vie quotidienne (Cambois et al., 2006 ; OMS, 2000).

Pour l’analyse, la limitation fonctionnelle est construite par la question : « Êtes-vous limité, depuis au moins 6 mois, à cause d’un problème de santé ou d’un handicap, dans les activités que les gens font habituellement ». Sont considérées comme limitées, les personnes ayant répondu « Oui, fortement » à cette question.

La limitation d’ordre fonctionnelle touche une personne de 55-85 ans sur dix et augmente de façon linéaire avec l’âge (p < 0,001) (Figure 1). Parmi ces personnes, 12,1 % sont des femmes et 9,5 % sont des hommes (p < 0,001). Le risque d’être limité dans ses activités est augmenté chez les personnes vivant seules ainsi que les personnes à la retraite ou dans une autre situation d’inactivité (Tableau 1).

La limitation fonctionnelle est fortement associée à d’autres facteurs aggravants qui en sont autant des causes que les conséquences. Ainsi, l’absence de lien social peut résulter d’une incapacité à se déplacer et à poursuivre ses activités. À l’inverse, le fait de vivre seul et de ne pas avoir d’activités de loisirs régulières peut réduire la mobilité, voire conduire à un déconditionnement progressif dans les activités de la vie quotidienne (Sirven et al., 2008, 2012). La limitation fonctionnelle est également, dans notre étude, comme dans d’autres travaux, associée à un risque accru de présenter une détresse psychologique ou des idéations suicidaires (Tableau 2). Participation sociale, santé psychique et limitation fonctionnelle apparaissent alors étroitement associés. Un prolongement de ce résultat consisterait à analyser les mécanismes à l’œuvre dans cette relation, à mettre en évidence la direction des relations entre la santé fonctionnelle et la dépression et à identifier des facteurs, non pris en compte dans notre étude, pouvant intervenir comme facteurs modérateurs ou médiateurs de vulnérabilité. La dimension fonctionnelle de la vulnérabilité doit conduire à ouvrir des questions jusque-là mal appréciées concernant les bonnes conduites à tenir, que ce soit en termes d’alimentation et d’activité physique et surtout en matière d’amélioration du bien-être mental (Windle et al., 2010 ; Rueggeberg et al., 2012).

Tableau 1. Caractéristiques de l’échantillon interrogé et caractéristiques expliquant l’absence de lien social, la faiblesse des revenus et la forte limitation fonctionnelle parmi les personnes âgées de 55 à 85 ans (n=8 733)
  Effectifs et proportions dans l’échantillon Absence de lien social récent Revenus faibles du foyer Forte limitation fonctionnelle dans les activités
Variables explicatives Effectifs non pondérés % pondérés % OR IC à 95 % % OR IC à 95 % % OR IC à 95 %
Sexe     ***     ***     **    
Homme 4 005 45,5 13,4 1,7*** [1,4-2,0] 24,8 - 1 -   9,5 - 1 -  
Femme 5 916 54,5 9,9 - 1 -   32,3 1,3*** [1,1-1,5] 12,1 1,1 [0,9-1,3]
Âge     ***     ***     ***    
55-64 ans 5 042 45,7 11,1 - 1 -   24,3 - 1 -   9,0 - 1 -  
65-74 ans 2 957 29,5 10,4 1 [0,8-1,3] 28,5 1,2* [1,0-1,4] 10,5 1,1 [0,9-1,4]
75-85 ans 1 922 24,8 13,4 1,2 [0,9-1,5] 38,6 1,7*** [1,4-2,0] 15,0 1,5*** [1,2-1,8]
Situation professionnelle           ***     ***    
Travail 1 960 17,5 11,8 1,4** [1,1-1,8] 16,9 - 1 -   6,2 - 1 -  
Retraite 6 943 71,4 11,3 - 1 -   28,9 1,3* [1,0-1,6] 11,2 1,5** [1,2-2,0]
Autre situation 1 018 11,1 11,9 1 [0,8-1,4] 48,7 3,2*** [2,5-4,1] 16,6 2,6*** [1,9-3,6]
Diplôme           ***     ***    
< Bac 6 367 72,7 13,5 2,3*** [1,8-3,0] 36,9 6,2*** [4,9-7,8] 11,6 1,2 [1,0-1,5]
Bac 1 327 12,0 7,4 1,4* [1,0-2,0] 9,7 1,3 [0,9-1,7] 10,1 1,1 [0,8-1,5]
> Bac 2 227 15,3 5,2 - 1 -   6,9 - 1 -   8,7 - 1 -  
Vivre seul     ***     ***     ***    
Non 5 978 72,8 11,6 - 1 -   27,3 - 1 -   9,6 - 1 -  
Oui 3 943 27,2 11,1 1 [0,8-1,2] 32,5 1,1 [0,9-1,2] 14,4 1,4*** [1,2-1,6]
Type d’agglomération     *     ***          
Rural 2 885 26,6 13,0 1 [0,9-1,2] 35,9 1,5*** [1,3-1,7] 10,4 0,9 [0,8-1,1]
Urbain 7 036 73,4 10,9 - 1 -   26,1 - 1 -   11,1 - 1 -  
Absence de lien social           ***     ***    
Non 8 942 88,5 - - - 26,8 - 1 -   10,3 - 1 -  
Oui 968 11,5 - - - 44,3 1,9*** [1,6-2,4] 15,6 1,6*** [1,3-2,1]
Précarité financière     ***           ***    
Non 6 642 71,2 8,7 - 1 -   - - - 9,8 - 1 -  
Oui 2 112 28,8 17,1 1,9*** [1,6-2,4] - - - 13,4 1,1 [0,9-1,4]
Forte limitation fonctionnelle     ***     ***          
Non 8 813 89,1 10,9 - 1 -   27,9 - 1 -   - - -
Oui 1 087 10,9 16,4 1,6*** [1,3-2,1] 35,8 1,1 [0,9-1,4] - - -
Note : significativité obtenue par le test d’indépendance (Khi2 de Pearson) entre chacune des covariables et la variable à expliquer pour la colonne % et par le test de Wald pour la colonne OR : *** : p < 0,001 ; ** : p < 0,01 ; * p < 0,05
Lecture : l’échantillon est constitué de 45,5 % d’hommes (n=4 005) et 54,5 % de femmes de 55-85 ans (n=5 916). 13,5 % des personnes de 55-85 ans déclarant avoir un diplôme inférieur au Bac sont concernées par l’absence de lien social récent et, toutes choses égales par ailleurs, les personnes ayant un niveau de diplôme inférieur ont plus de deux fois plus de risque d’être isolées socialement que celles ayant un diplôme supérieur au bac (OR=2,3 [1,8-3,0] ; p<0,001)
Champ : personnes âgées de 55 à 85 ans à domicile. France métropolitaine
Source : INPES, Baromètre santé 2010

V. Cumul des situations de vulnérabilités et états de santé fragiles

L’absence de lien social récent est positivement associée à la faiblesse des revenus du foyer (OR=1,9 ; p < 0,001) et à la forte limitation dans les activités quotidiennes (OR=1,6 ; p < 0,001). La faiblesse des ressources financières multiplie par deux le risque d’absence de lien social mais n’est pas associée à une forte limitation fonctionnelle (Tableau 1). 

Notre étude montre que près d’une personne âgée sur dix (8,9 %) cumule deux ou trois vulnérabilités, et ce cumul est amplifié par des conditions défavorables à la santé. Ainsi, le tabagisme régulier multiplie par 1,6 le risque de connaître deux ou trois situations de vulnérabilité ; le surpoids et l’obésité par 1,3 ; la détresse psychologique par 1,8 et les pensées suicidaires au cours des douze derniers mois par 1,6 ; enfin, le fait d’avoir dû renoncer à des soins de santé au cours des douze derniers mois par 2,5 (Tableau 2).

Tableau 2. Situations de vulnérabilités associées aux comportements liés à la santé
  Absence de lien social récent (n=9 744) Revenus faibles du foyer (n=8 638) Forte limitation fonctionnelle dans les activités (n=9 737) Deux ou trois situations de vulnérabilité (n=8 618)
Variables explicatives % OR IC à 95 % % OR IC à 95 % % OR IC à 95 % % OR IC à 95 %
Fumeurs réguliers ***           *     **    
Non (réf.) 10,9 - 1 -   28,7 - 1 -   10,8 - 1 -   8,5 - 1 -  
Oui 15,7 1,5*** [1,2-1,9] 29,1 1,3* [1,0-1,5] 11,9 1,2 [1,0-1,5] 12,6 1,6*** [1,2-2,2]
Alcool quotidien       ***           *    
Non (réf.) 11,4 - 1 -   30,0 - 1 -   11,3 - 1 -   9,5 - 1 -  
Oui 11,7 0,9 [0,7-1,0] 25,4 0,8** [0,7-0,9] 9,9 0,9 [0,7-1,1] 7,5 0,8* [0,6-1,0]
Surpoids ou obésité *     ***     ***     ***    
Non (réf.) 10,5 - 1 -   25,5 - 1 -   8,9 - 1 -   7,4 - 1 -  
Oui 12,1 1,1 [0,9-1,3] 30,8 1,2** [1,1-1,4] 12,3 1,5*** [1,3-1,8] 10,0 1,3* [1,0-1,6]
Détresse psychologique (MH5) ***     ***     ***     ***    
Non (réf.) 10,7 - 1 -   26,9 - 1 -   8,7 - 1 -   7,5 - 1 -  
Oui 15,0 1,4*** [1,2-1,8] 37,6 1,3** [1,1-1,5] 21,7 2,4*** [2,0-2,8] 15,9* 1,8*** [1,4-2,3]
Pensées suicidaires **     **     ***     ***    
Non (réf.) 11,3 - 1 -   28,7 - 1 -   10,3 - 1 -   8,6 - 1 -  
Oui 17,0 1,4 [0,9-2,0] 31,5 0,8 [0,6-1,2] 29,4 2,3*** [1,7-3,1] 18,5 1,6* [1,1-2,4]
Renoncement aux soins *     ***     ***     ***    
Non (réf.) 11,3 - 1 -   26,8 - 1 -   10,0 - 1 -   7,8 - 1 -  
Oui 13,4 1 [0,8-1,4] 50,5 2,5*** [2,0-3,0] 21,8 1,9*** [1,5-2,4] 22,0 2,5*** [1,9-3,4]
*** : p < 0,001 ; ** : p < 0,01 ; * : p < 0,05
Source : INPES, Baromètre santé 2010

Dans la continuité de la théorie du cumul des désavantages (Dannefer, 1988, 2003 ; Ferraro et al., 2003, 2009, 2011), les résultats présentés ici montrent que présenter des mauvaises habitudes de vie, des troubles psychiques et des problèmes d’accès aux soins accroît le risque de cumul des situations de vulnérabilité. La forte corrélation avec le niveau d’éducation souligne l’ancrage ancien de ces désavantages qui tendent à s’accroître au fil du temps et à persister durant la vieillesse. Les stratégies de réduction des inégalités sociales de santé sont plus efficientes quand elles se mettent en place dès l’enfance. Nos résultats plaident toutefois pour une promotion de la santé socio-écologique des aînés ; celle-ci se caractérise par une prise en compte des facteurs sociaux et environnementaux de ces vulnérabilités cumulées, au travers d’interventions ciblant moins les personnes elles-mêmes que les contextes de vie, d’emploi, de sociabilité dans lesquels elles évoluent (Richard et al., 2009, 2013).

VI. Conclusion et perspectives

La force des données mobilisées est de permettre une exploration approfondie des formes de vulnérabilité chez les personnes âgées circonscrite à la tranche des 55-85 ans. Cette enquête présente cependant certaines limites. Tout d’abord, elle ne s’adresse pas aux personnes résidant dans des institutions, qui présentent pourtant des fragilités bien spécifiques. Également, l’enquête ne permet pas de disposer de données écologiques, sociales et environnementales, comme les réseaux sociaux des répondants, leurs opportunités locales de participation sociale ou les caractéristiques de leur lieu de vie. À cet égard, d’autres enquêtes, telles que les cohortes SHARE (Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe ; Barangé et al., 2008) ou PAQUID (Personne âgées QUID ; Dartigues et al., 2012) s’avèrent particulièrement complémentaires. De plus, l’enquête ne permet pas d’identifier les facteurs génétiques dont on sait qu’ils ont des conséquences sur le parcours de vie et le développement humain particulièrement visibles aux âges élevés (Rutter et al., 2006). Par ailleurs, il convient de rappeler que les résultats du Baromètre santé issus de données déclaratives comportent un certain nombre de biais dans les réponses, notamment celui engendré par le besoin de désirabilité sociale, consistant à choisir la réponse jugée la plus « favorable socialement » ou celui lié aux difficultés de mémorisation sur les questions comportant des repères temporels. Enfin, certaines variables ont été créées pour l’analyse, en fonction des possibilités du questionnaire, et peuvent avoir une définition trop large ou, au contraire, trop stricte. C’est le cas de la vulnérabilité sociale qui surestime très probablement les personnes isolées socialement. À l’inverse, le renoncement aux soins ne capte qu’une partie de la population (celle qui renonce à des soins pour motif financier) et d’autres facteurs comme le fait d’avoir eu des événements de vie douloureux par rapport à sa santé ou une insatisfaction d’un professionnel de santé peuvent influencer le fait de ne pas se soigner.

Dans cet article, nous avons fait le choix de ne pas considérer la détresse psychologique comme un résultat du processus de vulnérabilité, mais plutôt comme un déterminant des situations de vulnérabilité. Dans la littérature, la détresse psychologique est souvent définie comme un indicateur de vulnérabilité (Spini et al., 2013 ; Schröder-Butterfill et al., 2006) et ses déterminants sont bien étudiés, y compris chez les personnes âgées (Zautra et al., 1991 ; Byles et al., 2012 ; Song, 2011). Ce renversement de perspective nous a ainsi permis de mettre en évidence la forte corrélation entre la détresse psychologique et les trois situations de vulnérabilité analysées (Tableau 2).

Les actions de prévention destinées à assurer le bien-être physique et psychique à un âge avancé se sont multipliées dans cette population. Elles focalisaient essentiellement l’attention sur les pertes fonctionnelles qui peuvent accompagner la sénescence et qu’il faut prévenir. Le plan « Bien vieillir 2007-2009 » concernait ainsi tous les seniors, soit plus de 10 millions de personnes et visait à répondre au défi du vieillissement de la population en recommandant des comportements sains et en encourageant des activités de vie sociale (préparation à la retraite, actions intergénérationnelles, ludiques, culturelles, etc.). Au vue de nos résultats, il semble primordial d’une part, de renforcer les ressources et les capacités de changement des personnes âgées, et d’autre part, dans une approche de promotion de la santé, d’atténuer les inégalités persistantes durant l’avancée en âge, en intervenant sur les environnements sociaux et physiques.

Encadré 1. Présentation de la source : le Baromètre santé 2010, une enquête en population générale

Le Baromètre santé est une enquête répétée et multithématique reposant sur un échantillon probabiliste à deux degrés (tirage au sort d’un foyer puis d’un individu au sein de celui-ci) et réalisée par Collecte Assistée par Téléphone et Informatique (CATI).

Plus précisément, les numéros de téléphone sont générés aléatoirement, ce qui permet d’interroger également les ménages sur liste rouge et l’annuaire inversé est utilisé pour envoyer une lettre-annonce aux ménages sur liste blanche (ceux sur liste rouge se la voyant proposer a posteriori), mettant l’accent sur l’importance de l’étude afin de minorer les refus de répondre (Beck et al., 2011). Pour être éligible à l’enquête, un ménage doit comporter au moins une personne âgée de 15 à 85 ans et parler le français. À l’intérieur du foyer, un individu est tiré aléatoirement au sein des membres du ménage sélectionné selon la méthode de Kish [5] (Kish, 1949). L’anonymat et le respect de la confidentialité sont garantis par une procédure d’effacement du numéro de téléphone ayant reçu l’aval de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL).

En 2010, pour faire face à l’abandon du téléphone filaire au profit du mobile par une partie de la population présentant des caractéristiques particulières en termes de comportements de santé (Gautier et al., 2006), un échantillon d’individus issus de ménages joignables uniquement sur téléphone mobile a été interrogé en plus des individus possédant une ligne fixe à leur domicile (dont ceux en dégroupage total, interrogés à partir de leur mobile).

La collecte s’est déroulée du 22 octobre 2009 au 3 juillet 2010. Au total, 27 653 personnes de 15-85 ans ont été interrogées en France métropolitaine, dont un échantillon de 9 921 personnes âgées de 55 à 85 ans. Le taux de refus observé chez les 15-85 ans s’est élevé à 39 % et la passation du questionnaire a duré en moyenne trente-cinq minutes. Enfin, les données ont été pondérées par le nombre d’individus éligibles et de lignes téléphoniques au sein du ménage (notamment pour compenser le fait qu’un individu d’un ménage nombreux a moins de chance d’être tiré au sort), et calées sur les données de référence nationales de l’INSEE les plus récentes, à savoir celles de l’Enquête Emploi 2008.

Encadré 2. Variables mobilisées et méthodes d’analyse des données

Les variables sociodémographiques : le sexe, l’âge présenté en classes décennales (55-64 ans ; 65-74 ans et 75-85 ans), la situation professionnelle (actifs occupés ; retraités ; autres inactifs, comprenant les chômeurs et les personnes n’ayant jamais travaillé), le niveau de diplôme en trois classes (inférieur au bac ; bac et supérieur au bac), le fait de vivre seul et le type d’agglomération (urbain ; rural).

Les variables d’habitude de vie : correspondent au fait de déclarer fumer régulièrement, c’est-à-dire au moins une cigarette par jour ; de boire de l’alcool tous les jours, quel que soit le type d’alcool ; d’être en surpoids ou obèse (ce dernier indicateur est construit à partir de la taille et du poids déclarés permettant de calculer l’Indice de masse corporel (IMC)).

Les variables de santé mentale : la détresse psychologique, mesurée par un score sur une échelle de 0 à 100, correspond au fait d’avoir un score inférieur à 56 selon les critères du Mental Health 5 (MH5) [6] (Commission européenne, 2010) ; et les idéations suicidaires au cours des douze derniers mois mesurées à l’aide de la question : « Au cours des douze derniers mois, avez-vous pensé à vous suicider ? ».

La variable de renoncement à l’accès aux soins : correspond aux personnes qui ont répondu « Oui » à la question : « Au cours des douze derniers mois, avez-vous dû renoncer à des soins de santé, pour des raisons financières ? »

Analyses réalisées : Un test d’indépendance (Khi-deux de Pearson) est utilisé pour obtenir la significativité entre chacune des covariables analysées et la variable à expliquer avec un seuil maximal de significativité fixé à 5 %. Des régressions logistiques ont été utilisées afin de contrôler l’existence d’éventuels effets de structure liés à une ou plusieurs caractéristiques de la population et quantifier la force du lien entre la variable à expliquer et les variables explicatives. L’existence du lien est évaluée à l’aide d’un rapport de cotes (« odds ratio » - OR) et la significativité est mesurée par le test de Wald. L’OR permet d’évaluer l’existence d’une augmentation de la probabilité d’occurrence de la réponse étudiée associée à une caractéristique de la population par rapport à une caractéristique de référence.

Haut de page AUTEUR

Christophe Léon
Chargé d’études à l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES).

Stéphanie Pin
Première assistante en psychologie sociale des parcours de vie, Institut des sciences sociales, Université de  Lausanne, Pôle de recherche national LIVES « Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie », Université de Lausanne.

Enguerrand Du Roscoät
Chef du département Environnement, population et cycle de vie, Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES).


Haut de page ANNEXES


Haut de page NOTES

[1] Plan Alzheimer 2008-2012. http://www.plan-alzheimer.gouv.fr/.
[3] Notamment, le plan national « Bien vieillir » 2007-2009. http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/presentation_plan-3.pdf.
[4] Il s’agit d’un système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre du ménage permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de tailles ou de compositions différentes. Lorsque plusieurs personnes vivent ensemble, il n’est pas nécessaire de multiplier tous les biens de consommation (en particulier, les biens de consommation durables) par le nombre de personnes pour garder le même niveau de vie. Aussi, pour comparer les niveaux de vie de ménages de taille ou de composition différente, on utilise une mesure du revenu corrigé par UC à l’aide d’une échelle d’équivalence : 1 UC pour le premier adulte du ménage, 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus, 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans (source INSEE : http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/unite-consommation.htm).
[5] La méthode de Kish est une procédure de sélection au hasard d’un individu parmi les individus éligibles d’un ménage de manière à assurer l’équiprobabilité de tirage.
[6] Le MH5 permet de mesurer la détresse psychologique. Les personnes répondent à cinq questions en utilisant une échelle de réponse en cinq points : Au cours des 4 dernières semaines : Étiez-vous très nerveux ? – Étiez-vous si triste que rien ne pouvait vous égayer ? – Vous sentiez-vous au calme ? – Étiez-vous triste et maussade ? Étiez-vous quelqu’un d’heureux ?

Haut de page BIBLIOGRAPHIE

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Haut de page RÉFÉRENCES

Pour citer cet article :
Christophe Léon, Stéphanie Pin et Enguerrand Du Roscoät, « Étude de trois situations de vulnérabilité chez les personnes âgées de 55 à 85 ans en France », Populations vulnérables, n° 3, mis en ligne le 11 avril 2018, disponible sur : populations-vulnerables.fr.
Auteur : Christophe Léon, Stéphanie Pin et Enguerrand du Roscoät
Droits : populations-vulnerables.fr/menus/credits_contacts.html
ISSN : 2269-0182