Centre Georges Chevrier
UMR 7366 - CNRS-uB
Sociétés et sensibilités
Nom de la revue

Population et handicap
Une nouvelle collection : « Populations vulnérables »
Comité de rédaction
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RÉSUMÉ

Haut de page MOTS-CLÉS

Mots-clés : nouvelle collection ; nouvelle revue ; populations vulnérables ; vulnérabilité ; démographie
Index géographique : France ; monde
Index historique : xxe-xxie siècles
SOMMAIRE


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Devenu un « concept théorique central des sciences sociales du monde francophone » (Hélène Thomas, 2008, http://www.reseau-terra.eu/article697.html), la « vulnérabilité » peut être définie, en sciences humaines, comme une situation de risque anormal qu’encourent des groupes humains du fait de contextes vitaux particulièrement difficiles ou de déficiences individuelles. Ainsi la vulnérabilité est-elle toujours relative, résultant d’une comparaison défavorable à une situation « normale » dans un environnement historique et géographique donné.

La notion de « vulnérabilité » est complexe, puisqu’elle peut désigner une situation collective consécutive à un accident (catastrophe climatique) ou à une crise économique ou politique (famine, guerre) aussi bien qu’un ensemble de situations individuelles induites par une caractéristique biologique ou sociale commune. Si l’aléa est bien présent à l’origine de beaucoup de situations de « vulnérabilité », y compris dans les cas d’anomalies congénitales par exemple, certains processus de vulnérabilisation, comme le vieillissement, sont susceptibles d’atteindre une part importante de toutes les populations. De plus, l’aléa ou la caractéristique individuelle défavorable se conjuguent le plus souvent avec d’autres facteurs, a priori dissociés, pour différencier des degrés de gravité dans chaque type de vulnérabilité. Et certaines situations se caractérisent non pas par un mais par un faisceau de risques particulièrement élevés s’entretenant les uns les autres. Ainsi appréhendée, la vulnérabilité ne se réduit pas à l’exposition à un aléa – « accident » ou « événement » qui serait intelligible hors de tout contexte – et à l’impact de sa réalisation, mais elle conduit à définir des sous-populations dont les individus se caractérisent par des parcours spécifiques.

Même si de nombreux colloques et ouvrages scientifiques [1] ont déjà été consacrés à l’étude des populations vulnérables depuis deux ou trois décennies, la diversité des situations, des processus de vulnérabilisation et des parcours qui s’infléchissent parfois heureusement par un effet de résilience, a incité un groupe de chercheurs démographes à créer une collection francophone, baptisée « Populations vulnérables », qui a pour ambition de diffuser des recherches pluridisciplinaires s’attachant aux questions de définition, mesure, caractérisation et compréhension des populations en situation de vulnérabilité.

La revue Populations vulnérables, à parution annuelle, a pour objectif éditorial de publier des articles scientifiques traitant des populations vulnérables. Il s’agira d’étudier, en les croisant, les divers types de difficultés auxquelles sont soumises les personnes et d’envisager de façon globale les éventuels phénomènes de cumuls. Les auteurs s’attacheront aussi à décrire et analyser les parcours de ces populations, depuis le processus de vulnérabilisation jusqu’à d’éventuels phénomènes de résilience. Des comparaisons historiques ou géographiques pourront montrer comment la vulnérabilité est un phénomène social en perpétuelle évolution.

Le comité éditorial de Populations vulnérables a choisi de ne pas restreindre a priori l’étendue de la notion de vulnérabilité, tout en n’exonérant bien évidemment pas les auteurs d’une réflexion :

  • – sur le contenu de ce qu’elle recouvre ;
  • – sur la façon dont elle est mesurée et analysée (modes de collecte, choix des indicateurs, instruments de décomposition, etc.) ;
  • – et sur les mesures pratiques d’accompagnement et de lutte contre ses effets pervers (politiques, juridiques, administratives) qui peuvent être mises en œuvre dans le cadre des politiques sociales de solidarité.

Ces interrogations, réunies ou éparses, envisagées de façon centrale ou plus périphérique, seront abordées par les articles publiés dans cette revue. En outre, l’objectif de Populations vulnérables ne sera pas exclusivement méthodologique. Il embrassera également – et de manière résolument positive – la diversité des manifestations du destin des populations vulnérables (risques sociaux, économiques, sanitaires, politiques, etc.) et des facteurs qui en sont à l’origine (contextes biologiques, climatiques, sociétaux, historiques ; déficiences individuelles ; cumuls d’expositions aux risques ; etc.). Afin de prendre au mieux la mesure de ces questions, tant sur le terrain de la méthode que sur celui de la production de résultats nouveaux, la revue proposera des numéros thématiques. Rassemblements d’études articulées autour d’un même objet, ces numéros veilleront à donner du contenu et de la lisibilité à cette notion de vulnérabilité et aux débats dont elle fait l’objet.

Les articles, regroupés chaque année selon une thématique, seront sollicités par le comité de rédaction ou sélectionnés à partir de libres propositions.

Le comité de rédaction est, en 2012, composé de :

  • Jimmy Armoogum, chargé de recherche à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR) ;
  • Philippe Cordazzo, maître de conférences à l’Institut de démographie de l’université de Strasbourg ;
  • Virginie Dejoux, maître de conférences à l’Institut de démographie de l’université Paris 1 ;
  • Yara Makdessi, responsable du pôle dépendance au bureau handicap dépendance. Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) ;
  • Nicolas Rebière, maître de conférences à l’Institut de démographie de l’université de Bordeaux.

Cette collection est dirigée par Elizabeth Brown, maître de conférences et directrice de l’Institut de démographie de l’université Paris 1.

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Comité de rédaction


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Haut de page NOTES

[1] Pour n’en citer que quelques uns, familiers aux démographes : la chaire Quételet 2007, Dynamiques de pauvretés et vulnérabilités en démographie et en sciences sociales ; le colloque du PACTE de juin 2009, Regards croisés sur les « populations vulnérables » ; le colloque de novembre 2011 Un siècle de santé sociale : formes et traitements des vulnérabilités (1880-2010) ; le numéro spécial de la revue Population de novembre/décembre 2005 « Population and Vulnerability: Making Sense of Vulnerability » ; le numéro spécial (2005-2) des Annales de Démographie Historique intitulé « Les populations vulnérables » ; le rapport de 2003 des Nations-Unies, intitulé « Rapport sur la situation sociale dans le monde. La vulnérabilité sociale : sources et défis ».

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Pour citer cet article :
Comité de rédaction, « Une nouvelle collection : “Populations vulnérables” », Populations vulnérables, n° 1, mis en ligne le 1er juillet 2017, disponible sur : populations-vulnerables.fr.
Auteur :
Droits : populations-vulnerables.fr/menus/credits_contacts.html
ISSN : 2269-0182