LIR3S - UMR 7366 - Populations vulnérables
Laboratoire Interdisciplinaire
de Recherche
"Sociétés, Sensibilités, Soin"
UMR 7366 CNRS-uB
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La revue publie un numéro thématique par an.
La rédaction définit le thème de l'année suivante et diffuse ici l’appel à contributions.

Après le lancement de l’appel à contributions, les propositions d’articles (1 à 2 pages avec la problématique, la méthodologie et le plan de l’article) sont à envoyer aux deux coordinateurs, qui se prononcent dans un délai d'un mois.

Suite à la sélection des propositions d’articles, les textes reçus sont évalués par deux experts au moins (un externe et un interne au comité de rédaction), dans un délai d’environ deux mois. Le comité de rédaction se réunit deux fois par an pour  discuter des évaluations et rendre sa décision. Les rapports d’expertise sont communiqués aux auteurs.

Contact : Virginie Dejoux
virginie[dot]dejoux[at]u-bourgogne[dot]fr


Appel à contributions pour le n° 8 (parution au 1er semestre 2022)

Les familles migrantes sans domicile : des vulnérabilités multiples

Numéro coordonné par :
Armelle Andro et Pierre Eloy, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CRIDUP

Les transformations de la société ont conduit à une augmentation des situations de vulnérabilité et l’apparition de nouvelles formes de pauvreté affectant tout particulièrement les immigré·e·s, et notamment celles et ceux en famille. En effet, depuis les années 1990, le phénomène social du sans-abrisme touche une population plus diversifiée qu’auparavant, comme en témoignent les fortes évolutions entre les premières enquêtes du milieu des années 1990 et celle de 2012, réalisées par l’Institut national d’études démographiques (Ined) et l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Ainsi, les familles, souvent immigrées, sont de plus en plus nombreuses à solliciter les services d’aide aux sans-domicile là où les hommes seuls étaient jusque-là très majoritaires (Mordier, 2016 ; Yaouancq et Duée, 2014). La forte augmentation du recours aux dispositifs de l’urgence sociale conduit les acteurs institutionnels à repenser le mode de prise en charge (Guyavarch et Garcin, 2014). L’absence de places adaptées en centre d’hébergement amène l’État et les collectivités à recourir massivement aux hôtels (Le Méner, 2013). À l’inverse des dispositifs d’insertion pour sans-domicile, l’hôtel n’offre que peu de perspectives de sortie vers le logement. Cette forme d’habitat de relégation s’institutionnalise et devient la norme de l’hébergement d’urgence pour les familles immigrées depuis la fin des années 1990 (Oppenchaim et Le Mener, 2013).

Les recherches ont mis en avant les multiples difficultés rencontrées par les familles sans domicile dans l’accès aux centres d’hébergement d’urgence (Eloy, 2019) ainsi qu’au moment de la sortie vers le logement pérenne (Lanzaro, 2014). Par ailleurs, les conditions de vie dans ces structures ont des répercussions sur la scolarisation (Oppenchaim et Le Mener, 2015) ou encore l’accès aux soins. Les problèmes de santé, très fréquents, tant pour les parents que pour les enfants, ont été particulièrement bien documentés par les enquêtes quantitatives (Andro et al., 2019 ; Arnaud et al., 2018 ; Guyavarch, Le Méner et Vandentorren, 2014 ; Lefeuvre et al., 2016 ; Roze et al., 2018). Toutefois, les situations de vulnérabilité varient selon les ressources (sociales, culturelles et économiques), le pays d’origine, le statut administratif et aussi selon le type de prise en charge ou encore le temps passé dans la « carrière de survie » (Pichon, 2010). Les problématiques auxquelles font face les familles sans domicile sont donc multiples et nécessitent d’être mieux appréhendées. Par ailleurs, de quelle façon les dispositifs d’hébergement peuvent-ils aider les familles à « s’en sortir » ou à défaut entériner des situations de précarité ? De façon plus générale, comment se sont adaptés les acteurs de l’urgence sociale face à l’arrivée de cette nouvelle catégorie de population sans domicile ? Enfin, qu’en est-il des familles sans domicile n’ayant pas ou plus recours aux dispositifs d’hébergement institutionnel ?

Ce numéro de Populations vulnérables souhaite interroger les formes de vulnérabilités multiples des familles immigrées sans domicile au sens large : vivant en hébergement institutionnel d’une part et aussi en squat, bidonville, à la rue ou hébergées chez des tiers. Une importance particulière sera accordée aux trajectoires tant migratoires que résidentielles de ces familles. Les propositions viseront à analyser les conditions de vie de ces personnes (accès aux soins, problématiques de santé, scolarisation, exposition aux violences, etc.) et aussi leur rapport au système d’hébergement institutionnel et la façon dont elles sont prises en charge.

Les approches quantitatives et qualitatives proposant d’articuler des recherches sur le sans-abrisme et les migrations sont les bienvenues. Par ailleurs, une importance particulière devra être accordée à la délimitation du contour de la population étudiée et à la définition des concepts employés.

Ce numéro est ouvert aux travaux nationaux et internationaux.

Remise des propositions d’articles à envoyer à virginie.dejoux@u-bourgogne.fr pour le 20 décembre 2020 (1 à 2 pages avec la problématique, la méthodologie et le plan de l’article).

Remise des articles définitifs pour le 30 avril 2021.

Les textes devront parvenir en langue française et feront l’objet d’une évaluation par les pairs.